
La médecine régénérative gagne du terrain. Les scientifiques réussissent à faire repousser un bout de doigt à partir de poudre de vessie de porc, une technique aujourd'hui autorisée par le gouvernement fédéral américain. L'été prochain, ils envisagent d'étudier dans quelle mesure elle peut aussi contribuer à faire repousser les bouts de doigt de soldats brûlés.
Très impliqué dans cette recherche, l'Etat fédéral finance un projet de grande envergure dont l'objectif est de comprendre le mécanisme à l'origine de la régénérescence de certaines parties du corps des animaux, dans l'espoir d'appliquer ces découvertes à l'homme.
Le cas de Lee Spievak, vendeur à Cincinatti, est exemplaire: en août 2005, en voulant montrer à un client que les pales de sa maquette d'avion étaient dangereuses, cet homme de 68 ans a eu le majeur sectionné. Le morceau d'environ un centimètre de longueur n'a jamais été retrouvé.
Heureusement pour lui, l'été d'avant, son frère Alan, un ancien chirurgien d'Harvard, a créé une société de production d'extrait de vessie de porc destinée à la réparation des tissus vivants. Et, l'été précédent l'accident de Lee, Alan avait fait repousser en quatre à six semaines le bout du doigt d'un voisin accidentellement sectionné par une scie. Lee Spievak s'est donc appliqué de la poudre tous les deux jours; après quatre semaines, son nouveau doigt avait, selon lui, retrouvé sa taille d'origine, et en quatre mois, "on aurait dit (son) doigt normal". L'extrémité est seulement un peu dure et l'on y distingue une légère cicatrice. L'ongle continue à pousser deux fois plus vite que les autres. "L'hiver a été très froid et tous mes doigts, à l'exception de celui-là, ont eu des crevasses", a-t-il affirmé.
Rien ne prouve que la poudre soit responsable de ce phénomène mais ces résultats ont incité les chercheurs à la tester l'été prochain à Fort Sam Houston de San Antonio, au Texas, sur des soldats ayant perdu des doigts à la suite de brûlures.
Les doigts sont particulièrement vulnérables aux brûlures, parce qu'ils sont petits et que leur peau est fine, a expliqué le spécialiste David Baer, qui travaille sur le projet financé par le gouvernement fédéral. Cinq à dix patients n'ayant plus assez de longueur de doigt pour former une pince et saisir des objets seront sélectionnés pour l'étude. Le bout d'un de leurs doigts sera rouvert pour y appliquer de la poudre trois fois par semaine.
Il ne s'agit pas de faire repousser le doigt en entier mais d'obtenir un moignon suffisamment grand, même s'il mesure moins de 2,5cm pour permettre de pincer. Et rien n'est joué.
Les grandes lignes de ce processus de régénération, dont on ignore le fonctionnement dans les détails, sont assez simples. La poudre est composée essentiellement de collagène et d'une variété de substances ne contenant aucune cellule de cochon; elle forme des échafaudages microscopiques destinés à recevoir des cellules humaines qu'elle incite par un signal chimique à régénérer les tissus, explique le Dr Stephen Badylak, spécialiste de médecine régénérative à l'université de Pittsburgh, qui participe au projet et est conseiller de la société fabriquant l'extrait de vessie de porc.
Certains animaux sont, eux, capables de régénérer leur tissus sans l'aide d'aucune poudre. Ainsi de la salamandre, dont la patte repousse en quelques semaines grâce à un bourgeon de cellules, le blastème; certaines souris possèdent aussi ce genre de faculté. Les scientifiques étudient ces phénomènes mais ils seraient bien en peine de dire quand l'homme pourra bénéficier de leurs travaux.
2 commentaires:
C'est les eunuques qui vont être contents!!!!... Alors que des gamins crèvent de faim, que des citoyens du monde s'entredéchirent pour de la terre, que d'autres scientifiques dépensent des milliards pour des balades sur la lune et que bien d'autres aberrations encore plus proches de nous... mais où va le monde????...
J'ai peur pour l'avenir de mes enfants... CLC girl
c'est tout de même une avancée dans la médecine fort interessant
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