
Né au Vanuatu en 1967, Gilles Barbier vit et travaille à Marseille. Il arrive en France à l'âge de vingt ans. Son insularité et son bagage culturel singulier le portent rapidement à interroger selon des angles d'attaque très personnels les tensions qu'il perçoit. Avec un humour décapant, il met en place un travail qu'il ne définit ni comme critique, ni comme "peinture du monde", ni comme problématique mais comme autant de fictions. La distance qu'il introduit ainsi systématiquement avec l'"intelligence de l'oeuvre" lui donne une considérable mobilité, embarrassante pour qui veut simplifier l'ensemble en une unité cohérente. Son parcours, avec la copie rigoureuse du dictionnaire comme bruit de fond, traverse des corps définis comme des clones, des espaces "médiagéniques" avec des super héros grabataires, mais aussi la pornosphère, les mondes "corrigés"... Soucieux d'associer à ce corpus la rigueur de son travail théorique, son "ressassement", Gilles Barbier alimente en textes et en outils de réflexion un flux continu de dessins, d'images. Parmi ses outils, on retrouve certains fromages, des bâtons relais, des bananes, des vers de terre, des terriers, l'espace tube, la vaseline, la bombe atomique, la cosmétique, l'obésité... Pourtant, sous cette luxuriance et finalement de manière assez solitaire, Gilles Barbier construit patiemment une oeuvre qui, sans aucune espèce de nostalgie, traduit l'éclatement tragique de l'être et son expulsion violente hors du sujet.

"L'Ivrogne"

"L'Orgue à Pets"
1 commentaire:
comme l'ivresse est belle..
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