
Que dire qui n’ait pas été dit et redit sur le découvreur du LSD ?
Il y a deux ans, lors d’une réunion de sommités scientifiques venus célébrer son centenaire, nous avions rendu compte de l’événement sous le titre (un peu gonflé) de « LSD mon amour ». Une riche discussion, pleine de pour et de contre, s’en était suivie sur le Forum. Bien sûr, toute l’histoire a été narrée dans la série de films que nous avions réalisés pour Arte, « Drogues et cerveau » (visibles sur Dailymotion) et dans notre livre du même titre aux éditions Actuel / Panama.
Biochimiste chez Sandoz en Suisse, Albert Hofmann est tombé sur le LSD 25 en 1943 par le plus grand des hasards (il cherchait des dérivés de l’ergot de seigle pour réguler la circulation sanguine). Immédiatement, la molécule lui est apparue comme un outil puissant et précieux pour la psychothérapie, et là-dessus son point de vue n’a jamais varié. Effectivement, dans les années 1950, de nombreux chercheurs et médecins ont obtenu des succès spectaculaires, notamment dans le traitement de l’alcoolisme...
La CIA voulut en faire un « sérum de vérité » et ce fut le fiasco total. Il se trouve qu’un bidasse engagé dans ces expériences, l’écrivain Ken Kesey, devint le premier prosélyte du LSD « sauvage », qu’un psychologue de Harvard, Timothy Leary, lui emboîta le pas, qu’on inventa les termes « psychédéliques » (qui dilate l’esprit) ou « lucidogènes » - et ce fut la grande vogue qui embrasa les années 1960 et 1970, aboutissant à l’interdiction du produit et stoppant toutes les recherches médicales. Hofmann en fut profondément navré – non qu’il ait jamais prôné le LSD comme une drogue récréative, mais parce qu’il vécut cette interdiction comme un immense gâchis pour la médecine et la science.
A 100 ans, dans le discours qu’il prononça pour la commémoration, il militait encore avec ferveur pour une reprise des recherches en psychothérapie. Deux ans plus tard, rien ne s’est produit, mais l’histoire n’est certainement pas terminée…
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire