Laurence J. Peter annonça en 1969 la création d'une nouvelle science : la "hiérarchologie" ou "science de l'incompétence au travail". Fruit d'une analyse empirique, elle repose sur un principe simple : dans toute organisation, si une personne fait correctement son travail, elle obtiendra une promotion. Si à nouveau, elle réussit dans sa fonction, elle sera promue. Ainsi de suite jusqu'à ce que sa fonction dépasse ses compétences. Dès lors elle occupera un poste à responsabilités de manière définitive alors qu'elle est incompétente. Il lui faudra juste veiller à ne pas tomber au niveau de la super-incompétence où elle risquerait de perdre son poste pour faute professionnelle grave. Ce phénomène de promotion vers l'incompétence est accentué par le fait qu'une personne compétente sera perçue comme un danger potentiel par ses supérieurs incompétents. Ceux-ci feront donc en sorte de la promouvoir jusqu'à son niveau d'incompétence où elle ne représentera plus un danger.
Il existe même un corollaire : la variante de Dilbert, du nom d'un personnage de bandes dessinées de Scott Adams. Les entreprises font en sorte que les incompétents occupent des postes à responsabilités pour les éloigner du terrain. L'incompétence de leur décision est alors parasitée par la compétence des exécutants sur le terrain.
Le principe de Peter est énoncé par l'Encyclopédie de Werber mais sous le nom de loi de Parkinson (tout le monde peut se tromper). Le Professeur C. Northcote Parkinson démontra en 1958 qu'une tâche nécessite toujours le temps dont on dispose pour l'effectuer. Explication : si une tâche demande quatre jours à deux personnes, on pourrait croire qu'il ne faudra que deux jours pour quatre personnes même si elle dispose du même délai. Et bien non : la dynamique fera qu'on perdra du temps en réunion, consultation, remise à plus tard et autres événements perturbateurs, et qu'au final il faudra quatre jours pour l'équipe de quatre. C'est pourquoi les délais sont si courts dans les entreprises : pour ne pas laisser les effectifs déborder dans le temps. Pourquoi leur laisser deux jours là où trois heures suffisent ?
jeudi 3 janvier 2008
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire